08EDITORIAL. Les clichés sont choquants. Le 13 mai 2016, au quartier général de Yaoundé, 13 cercueils sont disposés dans la cour d’honneur, devant un parterre de personnalités venues rendre un dernier hommage aux soldats tombés au front quelques semaines auparavant. Le Cameroun a une fois de plus été frappé. Le 11 mars 2016 déjà, six autres soldats recevaient sur le même site, des décorations à titre posthume. Malgré le réconfort du gouvernement camerounais, les veuves, orphelins, amis et parents des victimes sont inconsolables. Est-il possible de rester de marbre devant ces pertes qui tendent à se ritualiser ? Comment arrêter ce carnage perpétré par la secte terroriste Boko Haram ? D’où viennent les armes et munitions utilisées par les terroristes ? Les réponses à ces questions, comme à beaucoup d’autres, ne pourraient, comme par magie, restaurer la paix

au Cameroun, encore moins dans les pays attaqués par ladite secte. Toutefois, serait-il s’égarer que de s’interroger sur l’origine des armes, ou du moins sur leur prolifération et leur trafic illicite ? Leur circulation est-elle règlementée dans la région des grands lacs, la Corne de l’Afrique et les pays limitrophes ? Difficile de répondre, en de pareilles circonstances, par l’affirmative. La convention de Kinshasa pour le contrôle des armes légères et de petit calibre en Afrique centrale signée par 11 Etats de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) n’est pas encore en vigueur. Et pour cause, moins de 6 Etats l’on ratifié à cette date. Il en est de même du Traité sur le commerce des armes qui n’a pas encore connu l’adhésion de tous les Etats parties audit traité.

Si la convention de Kinshasa a été ratifiée par le Cameroun, son application n’est pas encore effective. Le Traité, pour sa part, n’a pas encore été ratifié par notre pays. La ratification, mais surtout l’application de ces deux instruments contribueraient, à n’en point douter, à réduire l’insécurité qui semble être entretenue au Cameroun par la prolifération et le trafic illicite des armes légères et de petit calibre. C’est un combat auquel s’investit la société civile camerounaise à travers Cameroon Youths and students forum for peace (CAMYOSFOP). Son action vous est comptée dans ce numéro du Recif magazine.

Vous trouverez également dans cette édition les nouvelles des institutions de l’Union africaine. L’actualité sur la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples et celle sur le Parlement Africain, tous deux en Session ordinaire en mai 2016, vous sera servie. Les retombées d’une autre session, celle du Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant vous seront dévoilées, notamment avec la Déclaration faite par l’Institut pour les droits de l’homme et le développement en Afrique (IHRDA), sur la situation préoccupante du Ghana.

Votre magazine s’est également intéressé à la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples qui, au cours de sa 58e Session ordinaire, a mis sur pied un Comité en charge des droits des personnes âgées et des personnes vivant avec un handicap.

Voilà pour l’essentiel des sujets développés dans ce numéro de Recif Magazine que nous vous proposons de déguster sans modération. Surtout ne le gardez pas pour vous car sa saveur ne sera amplifiée que lorsque vous l’auriez distribué à vos amis et connaissances.
Bonne lecture

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